Cyber Resilience Act : les échéances qui arrivent.
Le CE du numérique : sécurité par conception, mises à jour obligatoires, signalement des failles exploitées sous 24 h dès le 11 septembre 2026. Ce qui vous concerne.
Conformité · Guide
Vous avez durci vos serveurs, généralisé le MFA, formé vos équipes. Puis votre logiciel de comptabilité publie une mise à jour, signée, légitime, distribuée par le canal officiel - et elle contient du code qui ne devrait pas s'y trouver. Vous venez d'installer vous-même l'intrusion, avec les droits d'administration, en suivant scrupuleusement la bonne pratique qui consiste à rester à jour.
C'est la particularité de l'attaque par la chaîne d'approvisionnement : elle ne force aucune porte. Elle entre par celle que vous tenez ouverte pour vos fournisseurs, et qui doit le rester pour que votre système fonctionne.
On mélange souvent deux choses qui n'appellent pas les mêmes réponses.
Le second cas a une propriété désagréable : la profondeur. Vous avez choisi douze bibliothèques ; votre application en embarque peut-être huit cents. Les sept cent quatre-vingt-huit autres, personne ne les a jamais évaluées - elles sont arrivées comme dépendances de dépendances.
Une PME qui n'écrit pas de code hérite quand même de ce risque, par ses prestataires et ses logiciels. La question n'est alors plus « quelles bibliothèques utilisons-nous » mais « que fait mon prestataire quand une faille critique sort dans un composant qu'il a mis dans mon application, et en combien de temps ? ». Cette question se pose au contrat, pas après l'incident.
Un SBOM (Software Bill of Materials) est la liste des ingrédients d'un logiciel : tous les composants qu'il contient, avec leur version. Exactement la même idée que la composition sur un emballage alimentaire.
Son intérêt tient tout entier dans une situation, et il faut l'avoir vécue pour le comprendre. Une faille critique est annoncée dans un composant très répandu, un vendredi soir. La question devient : est-ce que je suis concerné ?
Le SBOM ne protège de rien. Il transforme une enquête de trois semaines en une recherche de dix minutes - ce qui, dans une course contre un attaquant, est précisément ce qui compte.
Ce sujet quittait déjà le terrain de la bonne pratique ; il devient une obligation. Deux textes convergent :
Conséquence pratique, quelle que soit votre taille : si vous vendez du logiciel ou du matériel connecté, vous devrez documenter vos composants. Si vous en achetez, vous serez en position de l'exiger - et vos propres clients vous le demanderont.
Beaucoup d'organisations génèrent un SBOM pour cocher une case, puis le déposent dans un répertoire. Il vieillit à la première mise à jour et devient trompeur. Un SBOM n'a de valeur que s'il est régénéré à chaque livraison et interrogeable rapidement. Un inventaire d'ingrédients périmé est pire qu'aucun : il vous fera répondre « non concerné » à tort.
Vous produisez du logiciel.
Vous achetez du logiciel.
Le fond du sujet est là : la sécurité de votre système ne s'arrête plus à votre périmètre. Elle inclut désormais les décisions de gens que vous n'avez jamais rencontrés.
Kenawek vous aide à cartographier ce que vos applications embarquent réellement, à poser les bonnes clauses dans vos contrats fournisseurs, et à savoir en dix minutes si une faille vous concerne. Parlons-en.
À lire aussi
Le CE du numérique : sécurité par conception, mises à jour obligatoires, signalement des failles exploitées sous 24 h dès le 11 septembre 2026. Ce qui vous concerne.
Suis-je concerné, à quel niveau, et quelles sont les 5 premières actions utiles ? Le guide NIS2 pensé pour les PME et ETI.
20 objectifs de sécurité, 4 blocs, principe de proportionnalité : le ReCyF donne enfin un cadre concret pour préparer NIS2 avant la loi Résilience.